Elle s'approche, hésitante, lentement
Elle avance, se rapproche, doucement
Cet instant ça fait longtemps qu'elle l'attend, qu'elle l'attend
Elle se glisse, elle se glisse tout contre lui, sans un bruit
Lui, il reste là immobile
Elle lui défait les boutons de sa chemise
Elle respire ce parfum dont elle se grise
Et soudain tout ne tient qu'à un fil
Elle l'embrasse
Elle l'embrasse
Les yeux fermés vers un ciel intime
Elle règne enfin, elle se sublime
Dès lors elle se révèle
Eternelle
Elle s'étend, frissonnante, voluptueuse
Elle se rend, dans l'attente, délicieuse
La lumière de cette fin d'après-midi se délite
Du dehors parvient l'écho de la rue qui s'agite
Il pose la main sur ses seins
Elle laisse faire espérant qu'il aille plus loin
Elle se tord, elle implore, les nerfs à vif
Et d'un coup elle s'enflamme et le griffe
Elle l'embrasse
Elle l'embrasse
Les yeux fermés vers un ciel intime
Elle règne enfin, elle se sublime
Dès lors elle se révèle
Eternelle
Des mots indécents lui réveillent le sang
Elle les murmure intensément
Le coeur qui résonne, le corps qui rayonne
Quand elle s'abandonne
Au plus profond d'elle-même, elle est une femme
Et après la tempête elle se calme
Elle l'embrasse
Elle l'embrasse
Les yeux fermés vers un ciel intime
Elle règne enfin, elle se sublime
Dès lors elle se révèle
Eternelle
Texte : Daniel Chenevez pour Karen Mulder
Photo : Natalia Artemieva

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