Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /Fév /2010 13:13


erotikartbe


J’ai pu enfin découvrir le documentaire d’Arte sur ce « maître » dans l’art du bondage, Haruki Yukimura. Etrange ambiance que d’assister à cette suite de performances où se mêlaient habilté du geste et soumission docile de Nana-Chan, probablement curieuse de tenter cette expérience …

 

Ma relation au « shibari » est d’ordre purement esthétique, car je dois reconnaître que cette pratique inspire de très belles images, non dénuées d’érotisme. Mais je me suis toujours demandé si ce même érotisme pouvait se révéler à tous les stades de cette pratique, au demeurant assez inconfortable pour la personne soumise. Je ne percevais pas trop dans l’enchevêtrement savant des liens, la part d’érotisme que l’on pouvait accorder à ce rituel japonais. Car il s’agit bien d’un rituel qui a pour objectif l’accomplissement d’une œuvre astistique corporelle, assez singulière …

 

Il fut intéressant de découvrir les diverses phases par lesquelles est passée cette femme, tout d’abord surprise par les premières entraves, s’abandonnant avec indolence aux mains expertes du maître. Tout d’abord vêtue, Nana-Chan se vit petit à petit dénudée au fil des performances et la complexité de la technique, les marques sur sa peau devenant de plus en plus indélébiles …

 

Tout en suivant le comportement de Yukimara d’un œil critique, j’ai tenté de déceler dans l’ambiance cette lueur d’érotisme tant espérée. Le charme de Nana-Chan et son joli corps n’ont pas suffit à me convaincre, malgré quelques attouchements du maître, assez maladroits et même dérangeants, compte tenu de l’écart d’âge entre les deux protagonistes …

 

Les moments où le maître libère Nana-Chan de ses entraves après chaque « figure », ont donné suite à quelles images sensuelles, bien vite effacées par la préparation d’une nouvelle performance. Je n’ai pas tellement apprécié ce côté mécanique et méthodique d’exercer son art, tout en plaisantant avec l’équipe chargée de filmer la scène. Il y avait comme une sorte de détachement avec l’acte lui-même, soi-disant érotique …

 

Je suis donc un peu resté sur ma fin, conforté dans l’idée qu’il s’agit plus d’une recherche esthétique qu’un rite érotique, voire sexuel. J’aurais bien aimé connaître l’avis de Nana-Chan sur cette expérience, pour savoir si une forme de plaisir avait pu naître au cœur de ses sens entravés. J’ai cru la deviner un instant, au détour d’un soupir. Mais ce moment fut bien trop furtif pour en avoir la certitude …

 

Je pense que les personnes qui s’adonnent en amateur à cette pratique et qui le font dans un but d’excitation partagée, doivent probablement y trouver du plaisir et pourquoi pas, de la jouissance. J’imagine également la présence de ce plus qui manquait entre le maître et sa soumise, c’est à dire le désir, et une étreinte pour le satisfaire, pour que tout ceci finisse en beauté …

 

Il suffit de taper shibari dans Google ou autres Youtube et Dailymotion pour trouver bon nombre de vidéos sur le sujet. Je trouve que l’érotisme fait encore défaut dans ses exhibitions artistiques et je préfère pour l’heure rester sur la beauté toute photographique de la pratique du bondage …

 

 

 

 

Photo : www.erotik-art.be

 

 

 

          

Par Philo - Publié dans : Des Artistes et des Hommes
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