Depuis quelques temps, je sentais bien qu’elle n’était plus indifférente à l’intérêt que je lui portais. Mes intrusions dans son bureau devenaient de plus en plus fréquentes, multipliant les prétextes pour me rapprocher d’elle. J’attendais patiemment que nous soyons enfin seuls pour venir me placer au plus près de son siège, alors qu’elle pianotait sur son clavier. Sophie avait la trentaine et moi je n’étais encore qu’un gamin au regard de sa maturité de femme déjà bien établie dans la vie. Plus de dix ans nous séparaient et le privilège de l’âge agrémentait son charme d’un véritable pouvoir de séduction …
Un jour qui ne ressembla à aucun autre, mes mains se virent attirées par ses épaules en partie dénudées. Elles se posèrent délicatement sur sa peau, de part et d’autre de son cou, mêlant mes imperceptibles tremblements à son léger frisson. Cette sensation bien différente de nos bises matinales devenait comme une sorte de voie ouverte sur l’intimité de son corps. Sophie m’apparut soudain comme un rêve devenu palpable. Je venais de lever le voile sur le grain d’une peau que je n’aurais jamais imaginé aussi douce, à l’opposé de cette distance qu’elle plaçait volontairement entre la gente masculine et sa vertu …
Au fil de mes visites impromptues, mes avances se précisèrent. Je prenais un plaisir certain à masser ses épaules, puis sa nuque, au risque de me faire surprendre dans cette pratique assez peu … professionnelle. Mon désir s’affirmait en secret contre le dossier de son fauteuil, alors qu’elle soupirait d’aise, les yeux fermés. Mes doigts glissaient sur sa peau en vagues de bien-être, je pénétrais sa peau, son corps, en espérant toucher son âme. Je la sentais fondre sous mes caresses, s’abandonnant au délice de l’interdit, tandis que je voyais poindre le trouble, sous son fin corsage …
J’avais le sentiment de détenir entre mes mains quelque chose de nouveau, une sensibilité exacerbée que je devais exprimer sous les traits de la volupté. Je décryptais du bout des doigts le langage de son corps, afin d’en révéler les secrets. J’aperçus un jour, dans l’entrebâillement de son corsage, le joli galbe de ses seins pommelés. Une poitrine somme toute discrète, mais aux reflets soyeux que la malice de mon oeil ne put s’empêcher de remarquer …
Je dois avouer qu’à force de lui faire venir le rose aux joues, Sophie se résista pas bien longtemps au besoin pressant d’entrouvrir l’écrin de ses dentelles ajourées. Je profitai de cette brèche ouverte pour y glisser ma main, préférant au majeur le droit d’investir en premier la douce alcôve. Une fraîche moiteur régnait au creux de son vallon bordé de tendres mamelles. Mon doigt partait à l’aventure, explorant tout à tour le contenu de ses bonnets de dentelle. L’air de rien, j’étais en train de lui peloter les seins, et ce, dans son bureau ! Si ce n’est pas un signe de rapprochement, ça …
Le cœur battant et une trique d’enfer, je poursuivais fébrilement l’exploration de ses délicieux cocons de soie, sentant durcir sous mes doigts les pointes de ses tendres aréoles. Ce délicat attouchement entraîna le vigoureux épanouissement de mon sexe dans un total inconfort. Elle frissonnait sous cette mise à l’index que je lui prodiguais avec patience et méthode, m’appliquant au mieux dans l’érection de ses petits tétons. Plus rien ne semblait avoir d’importance en dehors du charme ultime de ses mamelons bandés. Même pas la porte de son bureau qui pouvait s’ouvrir d’un instant à l’autre, dévoilant au grand jour nos intimes agissements. Je l’écoutais gémir de plaisir. Un plaisir que j’étais apte à lui donner …
Ma main vint coiffer son sein palpitant, côté cœur, le pressant délicatement en signe de reconnaissance pour m’avoir procuré cette délectable sensation, entre retenue et abandon. Son visage bascula légèrement en arrière, m’offrant le trouble de son regard ainsi que ses lèvres que je ne pus m’empêcher d’embrasser. Premier baiser et la fusion de nos bouches définitivement avides de plaisir. J’avais à présent le choix entre deux options. Soit sortir immédiatement du bureau avant que l’irréparable ne se produise. Soit la culbuter sauvagement sur son fauteuil ! Inutile de préciser que mon choix se porta sur la première option …
Je ne suis pas certain d’avoir repris mes esprits durant le reste de la journée, jusqu’au moment ou j’ai quitté le travail. Il ne me semble pas non plus avoir revu Sophie, demeurée sagement dans son bureau. Je suis rentré chez moi, l’esprit vaporeux, enveloppé dans un nuage de coton. Je prenais le bus à l’époque, heureusement, car il eût été impossible de me concentrer sur quoi que ce soit, à part elle. Je repensais sans cesse à ma main plongée dans son corsage, son sein tendrement lové au creux de ma paume. Et puis ce baiser, le goût de ses lèvres et de nos langues enlacées. Quelle suite allait-elle pouvoir donner à ce débordement de ma part ?
En début de soirée la sonnerie du téléphone retentit et je fus surpris de l’entendre au bout du fil. A l’époque du téléphone à cadran rotatif et de l’annuaire papier, la démarche n’était pas celle d’un simple envoi de texto et quelques mots réducteurs composés à la hâte… ou pas. C’était une vraie surprise, qui me replongea immédiatement dans le trouble de notre égarement.
- Bonsoir Philippe… , me dit-elle sur le ton de la séduction, pensant bien évidemment me surprendre. J’étais habitué au bonjour matinal, mais son bonsoir me fit un drôle d’effet …
- Bonsoir Sophie… , répondis-je quelque peu désarmé.
- J’ai beaucoup aimé tu sais… me confia-t-elle d’une voix lente et suave.
- Moi aussi… , balbutiai-je la gorge vrillée.
- Tu veux venir ?… Là j’ai senti comme une brûlure remonter le long de mon corps et embraser mes tempes. Il était soudain question de passer à la vitesse supérieure, car s’il est très excitant de souffler sur les braises du désir charnel, il fallait à présent éteindre le feu intérieur qui la rongeait …
- Euh … chez toi ??
- Viens vite, je t’attends …
- Maiiis … je ne sais même pas où tu habites !!
Traces