Ancré au cœur des remous de ton bassin qui tangue sous la houle de mes désirs gourmands, je fais rouler amoureusement ton petit caillou sur le velouté de ma langue. Il se polit au fur et à mesure de ses allées et venues sur la grève de mon palais, jusqu’à devenir aussi lisse qu’un galet. Je me délecte de tes lèvres soyeuses qui s’enroulent autour de ma langue comme autant d’algues légères imprégnées du parfum d’envie qui ne cesse de ruisseler de tes abîmes. J’aspire ta vulve chaude et la suçote comme un bonbon tendre, savourant sa texture fondante qui comble mes papilles de sensations divines …
Je m’autorise un glissando impromptu vers ton œil de velours que j’enrobe d’écume. Tu te cabres de délice alors que ma langue pointe son arrogance au cœur de ta douce corolle. Je la sens palpiter au contact de ma bouche qui vient la coiffer, et dans le secret de mes lèvres collées à ton fondement, je le pénètre d’un trait ! Tu rugis encore de ce plaisir mêlé de trouble, remontant le long de mes avant-bras comme un saumon dans le lit d’une rivière d’envie. Tu lévites presque pour venir au contact de ma langue qui te fouille avec ardeur, mais ce n’est pas encore le moment de te croire arrivée au bout du voyage…
Je remarque soudain ta main venir au secours de ton sexe fiévreux, pour en abréger les souffrances. Mais il n’est pas question de changer les règles du jeu auquel tu dois te soumettre. Je retire ta main du brasier de tes lèvres gorgées de lave incandescente que je lèche avec appétence pour qu’il ne subsiste aucune trace de tes débordements. Je rampe le long de ton ventre qui se creuse, comme rongé par le désir d’en finir une fois pour toutes, et viens couvrir ta gorge de baisers pour la chauffer à blanc. Je te retrouve dans cet état second où tu ne m’appartiens plus vraiment, vouée corps et âme à cette jouissance que tu pries d’arriver au plus tôt pour te libérer enfin de ton carcan terrestre.
Je te complète au plus près, imbriquant mes pleins dans tes déliés. Mes mains s’engouffrent dans ta crinière humide que je serre fort entre mes doigts. Je dévore ta bouche pour me rassasier de baisers, alors que je sens ta langue filer entre mes dents et plonger vers ma gorge. Sauvages … Oui nous devenons sauvages pour nous arracher le plus primitif des plaisirs, celui de la chair. Je sens battre ma queue entre tes cuisses qui se déploient en éventail à l’invite de ma vigueur. Je ripe le long de ta fente et m’égare dans la broussaille de ta toison balayée par la tempête. Qu’importe d’avoir loupé ton balisage de fortune, je vais en profiter pour t’agacer un peu plus …
Je trouve ta faille et commence à creuser lentement un sillon du plat de ma hampe. La voie est ouverte vers une destination inconnue, aux portes de la luxure. Plus je creuse et plus tu te tords de bien-être entre mes bras. Je sens ta petite queue qui roule sous mon gland, puis glisse sur les veines saillantes de mon membre bandé à l’extrême. Je garde un contact étroit entre nos deux phallus. David contre Goliath ?… Comment dire Qui est Qui, tellement la jouissance est partagée. Je sais que tu ne pourras pas résister longtemps à mon acharnement, mais j’attends l’instant crucial où tu vas renoncer à combattre …
Tes ongles se plantent dans les coussins pour ne pas sombrer dans les grands fonds de l’abandon. Tu te raccroches à eux comme à un radeau de survie. Mais il y a déjà bien trop longtemps que tu es partie à la dérive, te laissant envoûter par le chant de la Jouissance. Tu halètes et balaies mon visage d’un vent tiède qui témoigne à quel point tu es proche du renoncement. Encore une ultime pression de ma verge sur ton détonateur, et tu vas passez en zone rouge !
Tu décolles du tapis, emportée par le raz de marée de tes sens en déroute. On se demande encore à quoi peut bien ressembler l’instant zéro de l’univers, mais tu es à Toi seule la révélation de ce Big Bang à l’origine de Tout. Je bondis pour immortaliser dans son ensemble la création de la déferlante qui prend naissance au fond de ton antre. J’empoigne mon sexe pour venir frapper avec rage ta petite chatte arrivée à son point de fusion. Chaque choc de mon gland sur ton clitoris tétanise tes membres tendus vers l’infini, jusqu’au fracas primordial de ton orgasme que tu ne peux plus contenir. Ta jouissance éclate au grand jour, pulvérisant une myriade d’étoiles sur ma peau frémissante …
De répliques en saccades, la réaction en chaîne ne semble plus pouvoir s’arrêter au sein de ta nébuleuse, alors, dans un dernier élan, je m’expédie à mon tour au cœur de la tourmente …
Photo : Zapette et Philo.
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