Jeudi 13 septembre 2007
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21:37
Le parking est désert et je me gare le long du mur qui jouxte un petit immeuble qui nous fait face. L’arbre de Noël du tableau de bord s’éteint et je constate avec horreur que nous y voyons comme en plein jour. Autant dire qu’il y a beaucoup mieux pour préserver notre intimité et je songe à notre chambre douillette aux bougies parfumées qui nous attend les draps ouverts. Crachant le morceau, tu décides de relever la tête, un nuage d’écume au bord des lèvres. De ton œil perspicace tu remarques que nous ne roulons plus, ce qui prouve un certain degré de lucidité. Je remballe mes outils pendant que tu périscopes les alentours pour voir où nous sommes. Un peu d’air frais ne va pas nous faire de mal et vite te redonner le sens de l’orientation. Nous récupérons nos petites affaires abandonnées sur le siège arrière et prenons la direction de l’entrée située à l’arrière de l’hôtel. Comment décrire ce qui colmate nos neurones à cet instant précis, sauf peut-être en concluant par le fait que tout ceci est très … Space !
En moins de dix minutes nous sommes passés par toute une gamme de situations cocasses dont le seul leitmotiv soit l’envie fulgurante de l’Autre. Elle s’affirme davantage dès que nos regards se croisent et affichent le danger permanent d’une pulsion qui pourrait nous entraîner vers une totale déraison. Mais nous ne sommes plus très loin du but … Bras dessus bras dessous nos pas craquent sur le gravier en nous approchant de la lumière crue de l’entrée de l’hôtel. Je distingue soudain un autre passage qui mène nulle part. Un coin sombre, sans issue apparente, terminé par un escalier qui se perd dans la nuit. Un flash traverse mon esprit et avant même que j’en décrypte le moindre sens, je dévie notre route et te pousse vers l’inconnu. Même pas le temps de la surprise et te voilà déjà les mains plaquées contre une porte branlante et poussiéreuse. Tu viens juste de comprendre et expires avec docilité : " Je vois … ".
Non tu ne vois pas que je déboutonne mon jean afin de libérer ma queue qui n’a pas débandé depuis que ta bouche l’a quittée. Je soulève ta robe et la remonte sur ta lune opaline, pleine de générosité. J’ai toutefois un dernier obstacle à franchir mais il est si mince qu’il ne devrait me poser aucun problème. J’écarte légèrement ton string pour dégager la voie de ton intimité ruisselante de désir. Palpant du pouce ton œil de velours, j’enrobe ma prune de salive pour en lisser le bombé et la dirige juste dessous afin de ne pas commettre d’impair, ce qui ne serait pas pour te déplaire … Mais pour l’heure, c’est au creux de ta fente que mon gland vient trouver refuge. Je te pénètre lentement jusqu’au … jean, que je n’ai pas totalement ouvert. Je devine tes chairs se dérober face à ma vigueur qui se fond en toi, t’arrachant au passage un premier râle de contentement qui me fait frissonner …
Bien que mon membre trouve enfin sa place bien au chaud tout au fond de ton antre, je suis frustré de ne pas ressentir les sensations habituelles. Mon ventre qui s’échoue sur la grève de tes fesses à chaque vague de plaisir et mes bourses qui roulent sur ton petit galet. Je fait sauter fiévreusement le dernier bouton pour venir enfin au contact de ta peau et sentir mes poils se friser aux tiens. Je m’ancre à tes hanches pour donner du rythme à la valse de mes reins. Dans ce va et vient sans relâche au cœur de ton creuset chauffé à blanc, le frottement de ton string le long de ma tige me rend dingue. Cette maudite porte qui claque à chacune de mes ruades ne va pas tarder à réveiller le quartier. Je scrute les fenêtres voisines en espérant presque découvrir un voyeur alléché par notre éteinte. Je te pousse vers le bord du mur pour atténuer le choc contre la porte, dévoilant ainsi notre situation des plus instables. A quelques mètres de là il y a la rue, le trottoir et les passants qui ne se rendent compte de rien. J’ai déjà oublié les CRS …
Mon pouce vient crocheter ton string pour l’éloigner définitivement de notre terrain de jeu. Je te culbute avec entrain, tout en admirant un rai de lumière ambrée qui effleure ta croupe soumise à la moindre de mes folies. Rien ne peut plus m’arrêter. Surtout pas le fait de te baiser ainsi dans la rue, ou presque. C’est irréel et superbe à la fois, point d’orgue de l’interdit. Je ne redoute même plus d’être surpris en flagrant délire d’étreinte sauvage sur la voie impudique de la jouissance absolue. Je te baise et je vais te baiser jusqu’au bout ! Cette folle excitation ruisselle le long de nos cuisses et soudain tu te contractes, sentant peut-être que je vais bientôt venir. Tu me fais le coup du siècle, l’arme fatale dont toi seule détiens le secret !
Tu me retiens tout au fond de ton antre, bloquant mon mouvement pendulaire entre tes fesses qui se referment comme un étau. Je connais la technique, je suis perdu et je n’ai plus qu’une chose à faire, me cramponner ! Tu réclames à présent ma tête, décidant que je me suis suffisamment amusé avec mon agace-cul. Je me crispe et grimpe sur la pointe des pieds avec un rictus que tu as de la chance de ne pas découvrir. Tu vas me faire grogner, c’est certain … J’explose et te remplis de mon foutre au fil de salves interminables qui se meurent dans mes cris étouffés. Tu jouis après moi, répliquant sur le même thème de l’extase. Mais c’est loin d’être fini et j’ai droit au fameux coup du tube de dentifrice !
Pris au piège de ton sexe aux multiples ramifications, tu m’entraînes dans un gouffre où j’ai l’impression de me dissoudre comme une sucrette. A l’apogée de l’aspiration vers le vide, tu lâches prise et me lamines lentement les sens, comme pressé par une force inconnue, mais bien réelle. C’est là que je me sens vidé, enroulé comme un tube de dentifrice dont on veut récupérer le contenu jusqu’à la dernière goutte. Je chavire, je sombre, je comate … et je jouis une seconde fois ! Les palpitations de nos sexes se confondent avec celles de nos cœurs qui battent la chamade et je crois bien qu’à défaut des CRS, c’est du SAMU dont je vais avoir besoin !
Je reprends mes esprits sur ton épaule, ébranlé par cette étreinte urbaine sur fond d’escalier. Le parfum de ta peau m’enivre encore. Effluves d’une jouissance consommée qui s’écoule au goutte à goutte de notre passion. Ta nuque est trempée, tout comme ta vulve qui se contracte le long de mon membre qui l’abandonne. Je réajuste ton string et baisse ta robe, mettant fin à cette pulsion d’une nuit de pleine lune …
Tu te retournes et m’annonces de ton regard félin :
" Suce-moi ! ".
Photo : Lieu du crime - Banlieue Sud Paris.
Traces