Vendredi 7 septembre 2007 5 07 /09 /Sep /2007 10:54
 

 
Qu’il fait bon ce soir et cette douceur estivale qui caresse nos visages en sortant du restaurant est fort agréable. Nous venons de partager un plateau de fruits de mer avec pour horizon l’océan de tes yeux verts. Alors qu’espérer de mieux comme soirée ? Peut-être une nuit à t’Aimer ou un bon massage parfumé au thé blanc pour te décontracter. Et pourquoi pas les deux …

Passant mon bras autour de ton épaule pour te rapprocher un peu plus de moi et faire les quelques pas qui nous séparent de la voiture, je pointe le nez en l’air pour observer la pleine lune qui enveloppe de son aura d’autres silhouettes clairsemées. Elle est bien ronde cette nuit et …
 
Nom de Zeusss !!
 
J’en aperçois une seconde juste à côté. Puis une troisième, une quatrième et en final toute une rangée. Je me dis dans un premier temps que j’ai probablement dû forcer sur le rosé, ce qui est la stricte vérité, mais de là à halluciner de la sorte il y a encore de la marge. Les cellules de mon cerveau cartésien s’activent plus rapidement que pour la résolution d’un sudoku et je comprends soudain qu’il s’agit tout simplement de sphères luminescentes qui se balancent sur les câbles d’une ligne à haute-tension …
 
Nous voilà arrivés à la voiture que je n’ouvre pas. Je préfère te serrer contre moi pour te couvrir de baisers éphémères, comme ceux qui tourbillonnent dans la lumière des lampadaires et meurent par dizaines sans avoir connu le goût de ta peau. Mes mains se font légères, à l’image de ta robe que je relève discrètement pour palper le velours de tes fesses. Des d’jeunes qui traînent à l’autre bout du parking nous apostrophent gentiment en constatant qu’il y a des vieux qui ne s’embêtent pas et que ce n’est plus de notre âge de se bécoter ainsi.

Mais je m’en fiche et je te colle davantage pour que tu mesures à quel point j’ai envie de toi. Nos langues se limacent et nos corps se lianent dans une étreinte sauvageonne. L’espace d’un instant j’ai le sentiment que tout va basculer et toi en particulier, sur le capot de la voiture. Ca ne sera pas la première fois tu me diras mais l’endroit est loin d’être désert. Je trouve les ressources pour me détacher de ton corps qui me tentacule et actionner l’ouverture centralisée des portes, ce qui est en soi un exploit !
 
Nous prenons place rapidement et accrochons nos ceintures. J’arrive même à glisser la clé de contact pour démarrer, malgré le désir grandissant qui me fait légèrement trembler. Il ne doit y avoir qu’un kilomètre ou deux pour rejoindre l’hôtel et nous devrions pouvoir tenir jusque là …

A peine sortis du parking nous rencontrons le premier feu rouge, au croisement de la nationale. Tu poses ta main sur ma cuisse et j’attends avec impatience le passage au vert. Une belle ligne droite nous guide vers le centre ville et voilà de nouveau un feu rouge !… Je regarde distrait les passagers de la voiture voisine et c’est à ce moment très précis que tu déboucles ma ceinture de sécurité et fais sauter les boutons de mon jean. Il commence à faire un peu chaud tout à coup et je sens la sueur perler sur mes tempes. Tu extirpes tant bien que mal mon membre de sa gangue de toile pour l’empoigner comme mon levier de vitesse que je passe en première. Je vire au vert en même temps que le feu et appuie sur le champignon avant que nos voisins s’aperçoivent que tu es penchée sur moi à lécher le mien, couvert de rosée …
 
Je me concentre sur la route à suivre, ce n’est plus bien loin ni compliqué, mais j’avoue que tu as des arguments en béton pour brouiller mon GPS. La première à gauche et nous y sommes ! Je sens la chaude caresse de ta bouche qui coulisse le long de ma verge et je dois bien reconnaître que c’est divin … Enfin le dernier feu en vue avant le parking de l’hôtel et je souris en pensant que tu m’as bien eu cette fois-ci. Mais le feu passe à l’orange et …
 
Nom de Zeuussss !!!  ( bis repetita )
 
Au moment où je me dis que je vais me le faire un peu tiré sur le rouge ce p’tain de dernier feu, j’aperçois deux fourgons de CRS garés de l’autre côté de la rue avec tous les occupants prenant le frais sur le trottoir. Je freine sans toutefois piler et m’arrête sagement au feu qui vient de passer au rouge. Soudain me vient à l’esprit l’alcotest et le marqueur qui devrait virer plein pot au rosé avec ce que j’ai descendu. Mais ta langue qui joue avec mes bourses me ramène à une autre réalité. C’est que tu es en train de me faire une fellation de la mort qui tue au volant, et que c’est fully forbidden !!
 
Un œil rivé sur le feu tricolore dont je ne sais même plus quelle couleur apparaît après le rouge et l’autre sur les CRS qui se baladent en reluquant vers nous, je commence à avoir des chauds et froids. Je te fais le topo de la situation en prenant bien soin de poser ma main sur ta tête dans le cas où tu aurais décidé de jeter un coup d’œil. Mais tu sembles bien trop occupée à me grignoter le gland pour enregistrer quoi que ce soit. Le feu passe au vert … c’est ça, c’est le vert ! Et je redémarre pour faire les dix mètres qui mènent à l’entrée du parking. Quand je pense qu’ils ont choisi de se garer juste devant l’hôtel, j’le crois pas !
 
Je mets mon clignotant et disparaît enfin dans le parking privé, soulagé d’être sorti indemne de cette situation périlleuse.

Enfin indemne …

La nuit ne fait que commencer …
 
 
 
 
Par Philo - Publié dans : Tant, Tout & Toi
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