Mercredi 11 juillet 2007
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Je m’abandonne à la soie de tes lèvres avec l’unique espoir de chavirer sous les flots humides de ta langue experte. Elle excite mes fibres nerveuses au fur et à mesure de ses allées et venues le long de mon mât aux cordages sirupeux. Tu gardes secrètes tes envies, bien à l’abri derrière le voile de tes cheveux et je cherche à deviner qui de ta bouche ou de ta langue, affolera le plus mes sens. Mes doigts filent au travers des mailles de ta robe qui m’obsède et exalte cette frustration de ne pouvoir jouir de ta peau en toute liberté. Je me crispe un instant lorsque tes dents se resserrent à la base de mon gland et commencent à ronger mon frein avec ténacité. Je ne peux qu’approuver en dodelinant de la croupe ce désir phallique et t’encourager à me dévorer sans ambages.
Mon nectar mêlé à ta salive dégouline sur ma hampe et vient enrober mes bourses d’un sirop léger. Mes veines glissent entre tes lèvres et tu sens presque battre mon cœur au bout de ta langue qui se fait diablesse. Tu empoignes mon vit avec fermeté pour lui donner du mouvement, tandis que mes bourses deviennent la proie de ton insatiable gourmandise. Je creuse mon ventre sous ton emprise que je sens devenir fatale. Tu me conduis droit vers les étoiles, comme une main de fer dans un élan d’amour. Tes yeux passent de mon regard éperdu de jouissance à mon sexe qui va bientôt exploser entre tes doigts. Mes fesses se soulèvent en réaction à une dernière tension avant l’abandon total. La plainte qui prend naissance dans ma gorge se transforme en long râle primitif au moment où j’éclabousse ton visage de foutre brûlant.
La seconde salve ne t’échappe pas et tu viens t’en délecter à la source en te jetant sur la coulée de lave de mon membre tremblant. Ta bouche vengeresse me torture sans relâche jusqu’au dernier spasme, jusqu’à la dernière goutte de laitance que tu essuies d’un revers de langue. Ma semence coule lentement au fond de ta gorge et sur tes joues. Tu en effaces les traces du bout des doigts que tu lèches méticuleusement avant de venir m’embrasser. Tu plonges ta langue fondante dans ma bouche et déverses le fruit de mon abandon dans un baiser qui ne me laisse pas indifférent. Je devine que ce goût d’amande qui emplit ma gorge n’est autre que ma propre jouissance. Je respire ce parfum d’envie au creux de ton cou et dans tes cheveux qui n’ont pu éviter le pire. Je reprends mes esprits et mes forces en m’abreuvant de vin frais. Tu fais de même, papillonnant autour du tapis pour que nous manquions de rien. Mais de quoi pourrais-je manquer puisque tu es là ?
Je rampe vers ton corps de liane que j’étreins doucement sur fond de terre africaine. Mes mains se glissent sous ta robe fuselée que je remonte le long de tes jambes interminables. D’un geste ample et gracieux, tu la retires définitivement et te recouches sur le tapis en ondulant comme une petite chatte en manque de caresses. Je te regarde et découvre enfin ce qui a hanté mes pensées durant de longs jours, pour ne pas dire de longues nuits … Un corps de Femme-Animale aussi sensuel que sauvage, qu’il va me falloir approcher discrètement. Rien de plus discret qu’une langue pour prendre contact avec toi. Elle effleure déjà l’intérieur de tes cuisses qui s’ouvrent en éventail. Les effluves de ton intimité en émoi parviennent jusqu’à mes papilles. J’ai une vision de rêve sur tes seins qui se dressent vers le ciel et leurs pointes que tu fais rouler entre tes doigts.
Ton ventre suit les mouvement de tes reins qui se cambrent lorsque mon souffle tiède vient délicatement balayer tes fines draperies. L’odeur de ton sexe gorgé de désir me rend ivre et je me retiens pour ne pas le dévorer tout cru. Je prends sur moi et me contente pour l’instant de lécher tes crêtes humides avant de m’engouffrer tout au fond de ton canyon dans lequel dévale un torrent d’envie. Ta fleur savane s’ouvre à moi et je te gourmande à l’envi. Ma langue te fouille de fond en comble tandis que mon nez met le désordre dans ton fin buisson. La soie en est trempée et je prends un malin plaisir à la sucer pour en extraire tout l’arôme. Tes boucles soyeuses s’étirent entre mes lèvres et se reforment une fois libérées, avant que je ne vienne les chercher à nouveau. J’use et abuse de tout mon art pour arriver à mes fins et te conduire vers la jouissance. Ma bouche devient l’instrument subtil de toutes les convoitises et ma langue en sera l’archet pour faire vibrer chaque corde, jusqu’à l’extase …
Photo Anna Fracassi
Par Philo
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Publié dans : Tant, Tout & Toi
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