« Mange-moi ! ». L’ordre est donné…
Je plonge mes doigts dans la broussaille de tes cheveux en bataille et prends contact avec ton crâne qui va devenir le révélateur de chacun de tes mouvements. Tu empoignes ma hampe et en repousse la chair jusqu’aux vagues soyeuses de ma toison. Les veines gorgées de sang et de désir, tu commences à en contourner les sinuosités du bout de la langue. Finissant ta course au creux du chemin escarpé qui te mène au sommet de mon dôme, tu découvres enfin une source d’envie d’où perle mon nectar. Il s’écoule sur tes lèvres qui se referment doucement sur mon gland qui glisse lentement vers le fond de ta gorge. Tes doigts jouent un moment avec mes testicules avant que ta main ne vienne les enserrer pour en activer le bouillonnement. Je sens mon fruit mûr qui roule sur ton palais et que tu presses de ta langue pour en extraire le jus. Tu te délectes de son onctuosité, sans chercher à me pousser vers mon point de non retour.
Tes dents. Il n’y a plus que tes dents pour que cette animalité qui sommeille en toi puisse s’exprimer. Je veux que tu me mordes, je te le réclame : « Mords-moi !!! ». Que je sente tes crocs se planter dans ma chair. Tes canines félines déchirer mes sens à fleur de peau et qu’on en finisse une fois pour toutes. Mon destin est de mourir de plaisir entre tes mâchoires et que cela ne soit plus qu’une simple image, qu’un simple fantasme. Tu dois à présent m’arracher cette jouissance contre laquelle j’ai lutté durant trop de temps.
« Mords-moi ! Mords-moi plus fort !!! ». Je devine à peine cette férocité que j’implore et que tu n’oses pas afficher, de peur de me blesser. Mais il n’y a rien à craindre. Ma vigueur me protège bien au-delà de cette souffrance que par mégarde je pourrais ressentir. Tu ronges mon frein puis t’attaques à la base de mon gland que tu grignotes avec gourmandise. Tes dents marquent ma peau tout le long de ma hampe que tu dévores enfin, comme je te l’ai demandé.
La rage s’empare de mon esprit. Un sentiment de jouissance hors du commun qui doit passer par une sorte de possession cannibale de mon sexe que je t’abandonne sans détour. Maître et esclave de mes désirs les plus fous, je veux m’enchaîner à toi pour que nos âmes sombrent dans la déraison. Je veux tout te donner en cet instant où je sens vaciller mon destin. Ne plus retenir mon envol vers l’extase et t’offrir ma jouissance comme le plus beau des présent. Je me fais chienne pour que tes yeux brillent davantage en devinant que je suis proche du renoncement. Je m’esquive une fois encore, te forçant à recracher ma pine dégoulinante d’écume. Je saute sur les draps et me jette sur la tête de lit en prenant une pose des plus suggestives, les jambes ouvertes sur ma queue qui se balance pour t’exciter davantage. J’ondule de la croupe comme une allumeuse. Tu me regardes surprise mais tu comprends très vite que cette nouvelle posture va te faciliter bien des choses.
Tu t’agenouilles entre mes cuisses et ma queue retrouve tout naturellement sa place au fond de ta bouche. Je vais te laisser me finir à ta guise. Je te promets de ne rien dire même si cela devient insupportable. Je miaule comme une chatte en chaleur sous tes coups de langue qui me font dresser le poil. Tu joues sur toute la gamme de mes cordes sensibles, venant flirter avec mon œil de velours. Je me cramponne à la rampe quand soudain tu gobes mes couilles. Je les sens danser sur ta langue comme tes petits grelots. Je ne dirai rien, j’ai promis ! Mais je serre les dents et j’observe ta langue, encore elle, qui lèche ma hampe avec délectation. Tu mouilles tes doigts et je perçois dans le fond de ton œil comme un désir de vengeance. Avalant ma queue jusqu’à la garde, tu la libères ensuite, lentement, dans un bruissement de lèvres d’une incomparable volupté. Ton doigt pénètre mon fondement bien trop accueillant pour une visite en solitaire. Tu sais très bien qu’il m’en faut un peu plus que cela pour que je ressente le grand frisson…
Tes lèvres vont et viennent avec allégresse de mon gland jusqu’aux castagnettes. Ah si seulement tu pouvais me les bouffer en même temps ! J’ai l’impression que le rythme est donné et qu’il va falloir causer maintenant. Je grogne mais je ne te reproche rien. J’ai choisi de devenir ton esclave jusqu’au bout et je dois avouer que tu t’en occupes avec application. A présent tes doigts me fouillent en duo et je les sens glisser dans mon antre avec jubilation. Je ne sais pas si j’ai franchi le seuil de cette jouissance que je recherche, mais elle est déjà extrême. Tu me possèdes sans limite, sauf celle de tes propres envies. Le bourrelet de mon gland claque entre tes lèvres et ta langue s’enfonce dans mon méat gorgé de liqueur. Plaqué contre le mur, les fesses en appui sur la tête de lit, je fonds sous tes assauts répétés qui vont avoir raison de mon obstination à te résister. J’aimerais que cela s’accélère et que j’explose enfin pour mettre un terme à cet incroyable supplice.
Je ne suis plus maître de ma jouissance mais bel et bien l’esclave de la tienne. Je me tends de tout mes muscles pour ne pas crier quand s’annonce enfin l’issue fatale de nos débordements. Dans la confusion de mes sens troublés par tant de ressenti, je ne sais pas où l’orgasme va le plus se déchaîner, si c’est dans ta bouche ou dans mon cul. Tu me doigtes avec frénésie, jouant de ma noix prostatique comme d’une bombe à retardement. Mais le compte à rebours égrène les dernières secondes qui me séparent du séisme qui va m’ébranler. Mon visage se décompose à l’arrivée de cette jouissance que je ne peux plus contenir. Elle déferle en salves brûlantes qui emplissent ta bouche d’écume, ne cessant pas tes allées et venues sur ma queue, ni la folie de tes doigts défonçant mon fondement. Je crie cette libération fiévreuse qui me vide de toute ma substance. Alors que les derniers spasmes de mon ventre se calme, je sens tes doigts quitter mon antre et me laisser un autre vide que tu combles de tes baisers.
Tu répands le fruit de ma jouissance sur mon ventre, celle que tu n’as pas eu le temps d’avaler, trop préoccupée par ma queue dont tu voulais te délecter jusqu’à la dernière seconde. Ma semence se mêle à nos baisers et tu prends un malin plaisir à en partager les ultimes effluves avec moi. Je la consomme avec autant de plaisir que celui que j’ai eu à te l’offrir. Depuis la confusion des premiers instants, lorsque nous avons regagné notre nid et que le soleil est venu caresser ta peau, nous retrouvons la quiétude, tendrement enlacés. Mais l’histoire dira que cela fut de très courte durée car à peine ai-je recouvré mes esprits que l’envie me taraude déjà, accompagnée d’une vigueur insoupçonnée. L’envie de te refaire l’amour jusqu’au dernier souffle de vie…
Œuvre de Mary Mercer
Traces