Jeudi 3 juillet 2008 4 03 /07 /Juil /2008 19:15
 
 
 
 
Mes bourses roulent sur la grève de tes mains habiles, et je subis petit à petit la pression de tes doigts qui se fait plus forte, comme pour me projeter vers mon destin fatal. Je grogne lorsque tes dents enserrent la base de mon gland pour feindre de le croquer. Tu ronges mon frein sans pour autant lâcher mes brides. Je ne sais plus très bien si je dois me soumettre à ta voracité ou me résigner à fuir ce délicieux supplice. J’opte pour la fuite et t’oblige à rompre les amarres avant qu’il ne soit trop tard. Je reprends la barre tandis que tu abandonnes la mienne et mon tour est venu de t’entraîner au bord du gouffre, surtout si c’est dans le tien que je vais pouvoir puiser ma jouissance. Je t’invite à t’étendre à bonne distance, laissant mon regard glisser au creux de ta cambrure et rebondir sur ta croupe cavalière qui mériterait  que je m’y attarde un instant. Mais je ne veux pas fondre sur toi comme la cavalerie légère. Je suis bien décidé à te faire dépasser les limites du raisonnable, sans poser mes mains sur toi. Tu te lianes et changes de pose lentement, tes jambes s’ouvrant en arc-en-ciel sur un monde luxuriant. Mes lèvres frémissantes n’osent encore prendre possession de ton écrin de satin qui brille au firmament de mes désirs secrets. J’effleure ta peau et seul mon souffle te caresse, remontant le long de ta cuisse jusqu’à l’aine. Ce refuge si tendre et si doux mérite bien toute mon attention et c’est là que je m’autorise à déposer mon premier baiser. Mes yeux obliquent pour suivre la route sinueuse qui me porte au-delà de ton fin buisson pour gagner enfin, au travers de ta tendre plaine , les dunes laiteuses de tes seins pointés vers le ciel.

Ma langue se fait vipère et s’infiltre sournoisement au cœur de ton intimité. J’en fais le tour, sans la violer ni en dévoiler le contenu, humant tous les arômes de l’envie qui perlent d’entre tes crêtes juteuses. Je lèche lentement l’ourlet de tes lèvres pour les imprégner de salive et en adoucir la caresse, encore plus. Tes mains ne sont pas en reste et dessinent des arabesques à la surface de ta peau. Ton ventre  se creuse, tes mamelons se tendent, et ton regard se perd dans l’oubli, à mille lieues de ce corps que tu abandonnes à ma bouche impudique. Je déchire d’un revers de langue le voile jeté sur ta chaude féminité. Je plonge dans ton antre pour en sonder la tiédeur, et c’est dans un bouillonnement fiévreux que je mesure à quel point tu es sous l’emprise de ma passion. Je bois à plus soif à ta source de vie, tandis que l’écume de la houle qui se déchaîne en toi enivre mes sens à chacune des vagues qui viennent s’échouer au fond de ma gorge. Je m’abreuve de ta jouissance qui déferle en moi et dont je me nourris jusqu’au dernier spasme. Mais tout séisme engendre ses répliques qui ne tardent pas à venir. Succession de convulsions durant lesquelles ton plaisir intense ne cesse de se diffuser dans mon corps tout entier et se fondre dans mon esprit. Je m’enracine en toi, fourrant ma langue au plus profond de ta grotte pour en puiser la divine substance. Je porte ta coupe à mes lèvres pour m’abreuver de ton doux nectar et mes papilles se délectent sans fin de ton intimité. Mes mains demeurées sages glissent sous tes fesses à la faveur d’un spasme plus violent que les autres qui te propulse dans les nues et te colle à ma bouche. Mes ongles se plantent dans tes tendres coussins alors que je fouille sans relâche ton antre gorgée de miel. La frénésie s’empare de nous dans le seul but de te conduire au-delà des limites du conscient.

J’aspire tes fins pétales pour en extraire la rosée, puis écouter tes voiles claquer au moment où je leur rends leur liberté. Les crêtes tourmentées de ton canyon embrasé ne peuvent plus à ce stade reprendre leur sage apparence et ce n’est qu’un gouffre béant, ruisselant d’envie, que tu m’offres sans pudeur. Les vagues assassines déferlent sur ton corps comme une pluie de mitraille orgasmique. Rien ne peut t’éviter le choc frontal de cette jouissance dont tu t’empares pour la sublimer à ton tour. Ta main file en direction de ton buisson ardent balayée par le vent de mes assauts répétés. Ton majeur qui connaît la musique donne le ton de ce que sera notre œuvre magistrale. ll se fait caresse de velours en ouvrant l’écrin de ton petit bouton de nacre, faisant sauter son tendre capuchon de ta pulpe digitale. Mais bien vite tu changes de registre et le fais rouler comme un galet, ballotté par le ressac de ta voluptueuse fantaisie. Je te contemple car rien ne saurait davantage me faire perdre la raison que de te voir ainsi amadouer tes sens exaltés. Tu plonges définitivement ton doigt dans les méandres de ta vulve détrempée et je l’imagine trouver sans hésitation ce qui va déchaîner en toi l’ultime tempête. Je t’encourage de mes mots brûlants comme ton intimité sous l’emprise de cette fièvre sensuelle. A présent tu joues en duo pour ton bien-être absolu et je m’en régale à l’avance . Je souffle sur tes braises pour attiser le feu qui ronge ton ventre. Ma langue se mêle à cet ensemble excitant, auquel je ne peux plus résister.
 
Je fais corps avec tes caresses qui se précisent, léchant tes doigts enrobés de ce sirop qui ne cesse de couler. Tes plaintes timides annoncent ton irrémédiable ascension vers un point de non retour que je capte du bout des lèvres. Je me perds dans l’inconnu de mes désirs secrets qui rejoignent les tiens en cet instant de totale fusion. Ma langue essuie au creux de ta croupe un filet ambré d’une saveur subtile qui me trouble et me transporte au-delà des frontière du réel. Dans un dernier élan, formant un arc de jouissance à l’état pur, tu te cambres et délivres ton ventre du fruit de ton abandon. Un brouillard sismique m’explose au visage et me couvre d’une chaude ondée dont je me délecte sans détour. J’étanche ma soif à ta source de vie, jusqu’à la dernière goutte de ce délice qui ne s’est pas dérobé à moi. Ma langue recueille les dernières traces de ton envie dans le plissé de ta tendre corolle que je devine éclore pour m’accueillir. Je sens bien que le moment de t’accorder une trêve n’est pas encore arrivé. De nature féline, j’enjambe ton corps frémissant pour venir parfumer ta bouche des effluves épicées de ton renoncement. Ta respiration retrouve un rythme moins saccadé et je m’amuse à butiner la pulpe de tes lèvres, tandis que mon ventre effleure le tien avec délicatesse. Je me cambre pour que rien ne puisse de nouveau affoler tes sens, le temps d’un long baiser, tendre et passionné. Ma langue chemine sur ton visage, marquant son territoire d’une trace d’écume. Puis mes dents s’attardent sur le lobe de ton oreille. J’ai une irrésistible envie de te croquer !
 



 
 
Photo Antoine de Villiers
 



Par Philo - Publié dans : Tant, Tout & Toi
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