Les choses prenaient forme petit à petit...
J’ai vu se construire au fil des heures, cette logique qui allait m’ouvrir la voie vers l’inconcevable.
Je pensais qu’à un moment ou à un autre, la mécanique du destin finirait bien par se gripper et me sortir malgré moi de ce rêve éveillé. Je n’avais pas imaginé me trouver un jour, et
encore moins une nuit, en présence des deux femmes que je souhaitais voir enfin réunies. J’étais là, nous étions là, en me demandant à chaque seconde de quoi serait faite la suivante.
J’aurais voulu arrêter le temps, du moins le retenir plus longtemps, car je savais à quel point il nous était compté.
Yin savourait sa cigarette, assise dans l’encadrement de la porte-fenêtre du balcon. La nuit retrouvait
son calme loin des bruits de la ville. Je m’imprégnais de sa douceur, comme de celle de cette musique que venait de mettre Yang, et qui caressait mes sens. Yang se sentant fatiguée, elle
nous invita à gagner sa chambre et je me suis demandé à nouveau si l’ultime étape allait être franchie. Yang avait passé une tenue plus légère, plus soyeuse, mettant en valeur sa peau de
miel. Cet ensemble, caraco et shorty, révélait à nos yeux éblouis, la teneur de cette troublante beauté qu’elle dégageait.
Alors que je la suivais dans le couloir menant à la chambre, je revins sur mes pas pour décider Yin de
nous rejoindre dès qu’elle en aurait fini avec sa cigarette. Mes bras se sont enroulés autour de sa taille et pour la première fois, mes lèvres se sont posées sur sa peau. Mes mots furent des
plus tendres, mes intentions des plus douces, mais je savais qu’il n’appartiendrait qu’à elle et à elle seule, de décider ou non de venir s’associer à nous, pour se reposer un peu.
J’abandonnai mes vêtements sur une chaise et c’est totalement nu que je me suis laissé choir sur le lit.
Etendu sur le ventre, les membres en croix, mes pensées s’affolaient car tout devenait possible. Il s’agissait bien moins de la réalisation d’un fantasme, que d’avoir auprès de moi pour
quelques heures durant, deux femmes sublimes, deux déesses, chacune à leur manière, et je n’arrivais pas à le croire. J’étais encore loin d’imaginer la réalité qui allait devenir la
mienne.
Je me sentais terriblement bien, même si mon cœur s’emballait et se mit à battre de plus en plus fort
dans ma poitrine. Une lumière discrète baignait la pièce dans une ambiance irréelle, comme tout ce qui m’arrivait d’ailleurs. Yang fut surprise en me découvrant ainsi, tout nu ! Elle ne
put s’empêcher d’avertir Yin sur ce qu’elle ratait du spectacle et disparut à nouveau quelques instants.
De retour, elle s ‘agenouilla à côté de moi, commençant à caresser ma peau, mes fesses. Je
frissonnais sous sa main si douce et je me demandais si Yin se trouvait elle aussi, près de moi. C’est alors que j’entendis sa voix répondre aux
commentaires de Yang sur ce que je pouvais leur inspirer de sensuel, de ludique, de plaisir partagé.
J’y étais ! Nous y étions...
Traces