Partager l'article ! Chronique d'un viol annoncé V - Epilogue: Quoi de plus exquis que cette sensation de posséder enfin l’ultime joyau de sa couronn ...
Quoi de plus exquis que cette sensation de posséder enfin l’ultime joyau de sa couronne. Je glissais avec grâce dans le velours de son fourreau, me délectant de chaque centimètre parcouru dans l’onde sulfureuse de son fondement. C’était une sorte de descente aux enfers, inexorable et savoureuse, les sens aiguisés par le désir acide de l’interdit. Elle se cambrait avec impudence pour jouir davantage de l’immonde vigueur qui consumait l’objet de ma convoitise. Quand elle se sentit enfin totalement comblée de chair palpitante, une mécanique infernale se mit en branle. Le ressac de sa croupe divine venait s’abattre contre mon ventre en de sombres floraisons d’écume, accompagnant à merveille mes coups de rein festifs.
Mais notre aire de jeux aux draps froissés se révéla soudain trop exiguë pour exprimer l’ardeur de notre joute. Je pris alors l’initiative de l’entraîner hors du lit pour sceller une nouvelle fois son destin aux barres métalliques du décor. L’orientant vers le bon cap, elle comprit vite qu’elle devait fermement s’arrimer à la barre pour éviter le drame. Je saisis ses hanches afin de lui imprimer le mouvement de roulis nécessaire à la bonne marche de notre équipage, dans le but de gagner avec vélocité, une délectable vitesse de croisière.
Je la besognais avec allant, ne faisant que répondre humblement à ses attentes. Elle en jouissait avec rage, jusqu’aux bouts des ongles de ses orteils sur lesquels elle se dressaient pour adoucir les effets de la houle. Soudain ses mains lâchèrent prise et glissèrent le long de la barre, creusant avec indécence la cambrure de ses reins. Cette posture en équilibre instable renforça mon travail en profondeur, épanouissant à l’extrême sa tendre corolle. L’écho de ses feulements orgasmiques se mêlaient au chant guttural de ma queue barbouillée de luxure. Rien ne put une fois encore empêcher ma Captive de capituler face aux éléments qui se déchaînaient en elle.
Haletante et tremblante, je la sentis perdre pied, tiraillée par les affres du renoncement. Avant même qu’elle ne sombre totalement dans l’extase, je la reconduisis délicatement vers notre couche tout en restant ancré en elle. Sa peau était brûlante et son dos irisé de perles de sueur que je me mis à butiner du bout des lèvres. Elle se calma un instant dans mes bras, le temps que mon ardeur reprennent lentement le rythme sournois qui avait déclenché cet avant-goût de fièvre, en saccades désordonnées.
Je recueillis son sein au creux de ma paume, tandis que mon ventre se fondait dans le berceau de ses reins. J’épousais de mes pleins le velouté de ses déliés, m’imprégnant d’effluves sexuées, le nez plongé dans le fouillis de ses boucles humides. Après avoir cajolé son mamelon, j’effleurai son ventre qui chercha à se dérober dans un frisson, effarouché sous le tourbillon de mes caresses. Puis ma main se glissa entre ses cuisses pour ouvrir la voie à d’autres délices. Ses doigts vinrent s’enlacer aux miens dans les replis soyeux de sa vulve gorgée de plaisir, et d’un commun accord nous nous sommes adonnés à la même passion, celle de conclure notre envolée vers les étoiles …
Son bouton de nacre s’électrisa au contact de nos doigts fourmillant de désirs similaires, puis finirent par s’engouffrer dans l’écrin mielleux de son abandon. Nous récoltions à tour de rôle le nectar ambré fusant de sa ruche, avant de le porter à nos lèvres avides de gourmandises fleuries. Mon majeur prit place à la base de son clitoris, faisant pression sur sa fine hampe, et son devenir. D’autre part, je me mis à accélérer la cadence, honorant son fondement de généreux coups de pine. Sa petite tige roulait sous mon doigt inquisiteur et se durcissait dangereusement, la propulsant vers l’irréparable. Il était temps de mettre un terme à la violence chronique de ce viol sensoriel que j’infligeais à ma Captive depuis le moment où elle se vit soumise à mon diktat. J’avais au bout de mon doigt le point final de toute cette histoire, à moins que l’usage répétitif de ma barre ne le transforme soudain en point d’exclamation !
Je pouvais encore pondérer mon emprise pour permette à ma jouissance de venir à point nommé se fondre dans la sienne, ce que je fis en régulant le jeu insidieux de ma verge, et la pression de ma phalange sur son détonateur. Une sorte de pilotage aux instruments finement ciselé, aux limites de la zone rouge, sans toutefois y pénétrer. Mais le plafond de l’insoutenable était de plus en plus bas et il fut difficile d’éviter plus longtemps de sombrer dans l’élixir vaporeux du trouble qui nous envahissait. La jouissance toute proche tétanisait nos membres tendus vers l’extrême. Nos corps arc-boutés vers l’exaltation suprême s’enflammèrent dans un déferlement de râles orduriers, impossible à contenir …
Les palpitations de mon membre s’allièrent aux spasmes de ma Captive qui partit elle à la dérive en libérant un flot de jouissance à la tiédeur incomparable. Elle s’abandonna en giclant sur mes bourses au moment même où ma semence prit possession de son fondement. Je lui faisais don de mes salves incandescentes, parachevant mon œuvre démoniaque, dans une totale déraison …
La fièvre se dissipa au fil de nos soupirs brûlants et la tendresse de nos corps soudés l’un à l’autre. Son cœur battait la chamade sous ma main rassurante, alors que mon sexe esquissait encore quelques spasmes meurtris. Ses chairs happaient mes dernières perles de vie pour ne rien négliger d’un plaisir insoupçonné. Comment se dire après cette folie extatique, qu’il ne s’agissait en fait, que d’un préliminaire …
Photo : François Delebecque
Traces