Partager l'article ! Chronique d'un viol annoncé I: Il était hors de question de lui donner l'avantage ! Malgré le d ...
Il était hors de question de lui donner l'avantage !
Malgré le désir impérieux de m'abandonner au jeu subtil de ses lèvres qui dévalaient ma gorge en cascades gourmandes et s'engouffraient dans l'entrebâillement de ma chemise qu'elle déboutonnait avec allant, je ne devais pas fléchir devant l'adversité. J'avais dans l'idée de répondre à l'une de ses attentes, à savoir : abuser d'elle sans préavis et suivant mon bon vouloir. Une sorte de fantasme sur le thème du viol qu'elle désirait assouvir, en connaissance de cause. Alors ce n'était pas le moment d'inverser les rôles, ni de sombrer sous le charme de ses délicates attentions ...
Il fallait que je réagisse au plus vite en stoppant net ses investigations au niveau de ma ceinture qu'elle venait de déboucler avec une stupéfiante vélocité. Le temps de saisir à la volée le bandeau que j'avais prévu de placer sur ses yeux, je pus enfin reprendre la situation en main, alors que la sienne venait de plonger dans mon pantalon, tentant une OPA sur mes bourses. Le noir sec du bandeau l'immergea instantanément dans le trouble d'un nouveau destin auquel elle allait devoir se plier sans la moindre concession ...
Je me suis mis à l'effeuiller lentement, laissant choir sur le sol ses vêtements en pelures informes. Nue comme un ver luisant de désir, je la guidai enfin vers le lit en lui faisant comprendre de rester debout, ce qui n'est pas évident quand l'habitude est de s'y vautrer. Mais la présence d'un élément du mobilier, sous la forme d'une barre transversale disposée au-dessus du lit, titillait mon esprit en l'ouvrant sur de nouvelles perspectives qu'il me fallait impérativement explorer ...
Je sortis de ma cache secrète des petites sangles pour attacher ses poignets à la barre métallique, la maintenant fermement à bonne hauteur, les bras en croix. C'était une première entre nous que je me serve ainsi de liens pour agrémenter nos jeux et j'ai bien l'impression que cette initiative la ravit autant qu'elle l'intrigua. Sentant mon souffle tiède balayer son visage pendant que je ficelais son second poignet, elle tenta de me voler un baiser, en vain ...
La sentir ainsi dans l'impossibilité de contraindre mes projets exaltait mes sens aux abois. Je ne perdais pas de vue ce fantasme à assouvir, ou du moins à adapter en fonction de la situation. Car comment imaginer une seule seconde la violer, elle, si consentante ?...
Cette crucifixion en règle sur l'autel de l'attente et du plaisir stigmatisa son corps de manière outrageante. L'omniprésente cambrure de ses reins magnifiait l'arrogance de sa poitrine pointée vers moi et rien de tout ceci ne pouvait s'inscrire en faveur de son salut. Elle devenait tout simplement sublime, sous le regard attendri de son bourreau ...
Je quittai rapidement mes vêtements en me disant que j'aurais adoré me coller à elle pour fondre nos épidermes dans le même frisson. Mais c'est du bout des ongles que je pris contact avec son corps, incrustant des brûlures éphémères le long de ses bras. J'effleurais sa peau de mes lèvres chauffées à blanc, fuyant encore devant ses nouvelles tentatives de baisers. Je l'abandonnais à chaque fois de manière ingrate, la livrant bouche bée, à sa terrible destinée ...
Mes ongles glissèrent lentement sur ses seins, dérivèrent sur ses flans, lui arrachant de timides gémissements de suppliciée. Lorsque mes caresses flirtèrent avec la moiteur de son intimité, son corps se vrilla de délice et sa peau devint framboise. La route à suivre me conduisit inéluctablement vers le tendre modelé de ses cuisses, puis le long du galbe nerveux de ses jambes tétanisées par la danse sournoise de mes ongles. Je les accompagnais de caresses fugitives de ma langue qui ne put s'empêcher de se joindre à la fête ...
Mes lubriques attouchements l'entraînèrent dans l'intolérable attente du contact franc avec la réalité de son fantasme. A ses genoux, je respirais les effluves de son tourment que je voyais perler sur le drapé de son sexe humide. Ma langue en récolta patiemment le doux nectar, ce qui eut pour effet d'agacer fortement son clitoris que je sentis soudain se rebeller au creux de mes papilles ...
Je ne devais pas céder à ma gourmandise qui m'attirait vers le juteux attrait de son fruit suave, mais plutôt me préoccuper de l'accomplissement de ce fantasme qui devait totalement ... la combler !
Photo : Jacob Applebaum
Traces