Vendredi 9 janvier 2009 5 09 /01 /Jan /2009 11:11



Bien décidé à gravir un nouveau degré sur l’échelle de la déraison, je plonge ma main dans le seau à champagne pour soutirer quelques glaçons que je dépose dans ma coupe vide. M’installant auprès de ma Soumise, mon regard baigne dans l’aura légère qui enveloppe sa cambrure audacieuse, soulignant avec grâce le galbe de son cul. se fond aux Les grains de lumière se fondent au grain de sa peau pour former la plus charnelle des parures. Je retiens mon souffle et les caresses qui me brûlent les doigts, consumant lentement le reste de lucidité que je me dois de conserver pour mener notre jeu à terme. Mais ce spectacle grisant dépasse les espérances du rôle qui m’est attribué, alors que je scrute avec délice les ondes générées par le tourment du jouet de cristal qui ne cesse d’exalter l’humeur de son fondement …

 

Je saisis un morceau de glace que je porte à sa bouche entrouverte et le coince délicatement entre ses dents. Surprise, elle ne bronche même pas, laissant échapper un filet de salive que je regarde s’écouler du menton jusqu’à la naissance de ses seins. Je me rends compte que je viens juste de les redécouvrir, le hasard de la mise en scène ayant occulté leur voluptueuse présence. Je les avais furtivement palpés pour leur redonner vie, mais je ne les avais pas encore caressés des yeux. Ils sont toujours aussi ronds et généreux, se jouant avec délice de la gravité terrestre dans un balancement elliptique, digne d’un pendule de Foucault …

 

Prenant un autre glaçon, je l’applique sans réserve sur l’aréole du mamelon le plus proche. La réaction ne se fait pas attendre et le frisson glacé se propage en chair de poule sur l’ensemble de sa poitrine arborant à présent de magnifiques pointes érigées. Les syncopes de sa respiration répondent aux menaces de la glace, tandis que mon esprit converge vers mon but premier, celui du savant mélange de sensations que je m’étais proposé de lui faire découvrir, et à moi aussi, par la même occasion. Le jeu en vaut-il la chandelle ? Nous allons bientôt le savoir !

 

Je rapproche un chandelier que je fais tournoyer devant son visage, invitant les flammes à lécher sa peau. Le voile de chaleur imprègne les joues de ma Soumise, mais ce ne sont là que les prémices de sensations bien plus incisives. Je tire une chandelle de son logement pour en faire l’instrument de mes sombres desseins et replace le chandelier à la limite du tapis. Je m’amuse à mettre en lumière son corps et le relief de ses courbes , lissant le satin de son épiderme avec le bourrelet de cire accumulé à la base de la chandelle. Je redessine lentement sa longue crête dorsale qui me dépose tout droit sur la grève de ses reins, avant de glisser ma lanterne magique entre tes cuisses. Le picket ravive son éclat en présence de la chandelle, multipliant à l’infini les arabesques ambrées de la flamme dansante …

 

Je prends un peu de hauteur pour franchir le Rubicon de mes désirs abstraits, penchant légèrement la chandelle pour laisser couler la cire sur l’arrondi de sa croupe. Ma Soumise étouffe un léger cri de surprise au moment de l’impact, mais la cire qui se fige instantanément n’occasionne aucune douleur suspecte. Je réitère le geste d’un peu plus près cette fois-ci, pour voir la cire liquide fuser en étoile avant de durcir. Je soulage immédiatement  sa douleur en déversant un peu d’eau sur les traces de mon forfait. Le choc est brutal entre les deux sensations qui s’opposent avec véhémence. La cire brûlante figée dans sa progression par la morsure de l’eau glacée …

 

Mais le plus terrible encore est qu’à chaque nouvelle coulée de cire et de glace, les tensions de ma Soumise accentuent les effets du piège de cristal qui se referme peu à peu, la submergeant de non-dits. Elle se cabre, affolée par l’inattendue perception des éléments qui se déchaînent contre elle. Un violent séisme l’entraîne à la dérive d’un plaisir inavouable. L’étau de la jouissance se resserre autour du démon qui électrise son antre et dilate ses sens, à moins que ce ne soit l’inverse … Son sexe n’est plus qu’un creuset bouillonnant qui se vide de toute sa substance. Elle implore soudain ma grâce et me demande d’en finir avec les entraves qui brident son esprit, plus que son corps. Il était temps, car ce rôle excessif qu’elle voulait me voir interpréter n’est plus apte à combler mon appétence …

 

 

 

 

Photo : Igor Amelkovich

 

 

Par Philo - Publié dans : Jeux Initiatiques
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