Je contourne le canapé et découvre une autre surprise au pied du tapis. Un seau à champagne et deux coupes encore vides. Elles attendaient probablement que je les remplisse à mon arrivée, ce que fais en me saisissant de la bouteille. Le tintement des glaçons qui s'entrechoquent doit forcément attirer l'attention de ma Soumise qui ne laisse rien transparaître, demeurant immobile, à quatre pattes. Elle sait à présent que je suis là, à deux pas du tapis, prêt à me livrer au jeu qu'elle a initié. Le champagne est glacé, trop à mon goût pour être dégusté, mais suffisamment pour attiser son excitation, tandis que le bruissement des bulles qui déchirent le silence en dégageant de suaves effluves, flatte mes sens exacerbés ...
Je m'avance en évitant un chandelier, une coupe à la main et les menottes dans l'autre. Je les dépose sur le tapis, un peu en retrait des aiguilles de ses talons pointés vers moi. J'en effleure le lissé du bout des doigts avant de m'aventurer le long du galbe de ses mollets qui se contractent légèrement sous mes furtifs attouchements. Mon regard précède la course de mes mains, plongeant dans le tourment de sa croupe assassine. Elle me fait face, radieuse et impudique, infiltrée par les plis soyeux de sa robe qui révèle chaque détail de ses déliés intimes. Je soulève lentement le voile jeté sur ses voluptueux hémisphères, le déployant au-delà de ses reins ...
Mes yeux décrivent alors de longues arabesques autour de ses lignes convexes, avant de dévaler en chute libre vers l'incandescence de son intimité irisée par l'impatience. Je sens la fièvre prendre le pas sur le peu de lucidité qu'il me reste et il me faut à tout prix me recentrer sur le rôle qui m'est attribué. Agenouillé devant l'icône de ma déraison, je prie pour ne pas enfreindre les règles de notre voyage initiatique. J'attrape la coupe de champagne et en avale une gorgée pour me donner un coup de fouet, puis je m'en accorde une seconde que je garde en bouche. Mes lèvres humides s'approchent dangereusement du velours de sa peau qui devient un délice framboisé. C'est alors que je laisse couler un filet de champagne tiède au creux de ses fesses ...
Pendant que le vin pétillant emplit la tendre coupelle de son petit œillet et s'engouffre dans les méandres de sa vulve anémone, ma langue se met à l'ouvrage pour récolter le trop plein qui ruisselle le long de ses cuisses. Ma Soumise se cambre sous la fantaisie de ma langue qui ne néglige aucun aspect des plaisirs gourmands, fouillant avec malice son sexe nacré. Elle dodeline de la croupe ma petite ingénue, semblant apprécier l'exercice. Il m'appartient donc de mettre un terme à cette folle extravagance. Je déverse d'un trait le reste de la coupe sur ses reins pour calmer son ardeur et lui rappeler qu'elle doit se soumettre, sans en rajouter ...
Elle se cabre de surprise, interloquée par le contraste vivifiant de cette nouvelle approche. J'en profite pour m'ancrer à sa taille et ainsi la stopper dans son élan. Le parfum subtil de ses boucles qui sont venues fouetter mon visage ravit mes sens. Elle ne bouge plus, dans l'attente d'une suite que moi seul doit déterminer, mais je dois résister pour ne pas me consumer au feu de son arrogante beauté. Lentement, je remonte sa robe sur ses flancs, puis le long de ses bras qu'elle élève pour me faciliter la tâche, avec docilité. Je garde encore la parure de soie en main pour feutrer mes caresses, sentir poindre sous mes doigts la tension de ses seins pommelés. Ils sont ronds et fermes comme deux jolis fruits onctueux. Et c'est au creux de mes mains qu'ils viennent à maturité ...
Je délaisse enfin la robe afin de poursuivre mon œuvre magistrale, car le temps est venu pour nous, de passer aux choses sérieuses. Je saisis le poignet gauche de ma Soumise pour le crocheter en premier, puis je rejoins ses mains entre ses cuisses et verrouille le second bracelet. L'entrave se fait sentir et une toute autre ambiance s'installe dans la pièce. L'équilibre des forces lui est tout à coup défavorable. Mais n'est-ce pas là ce qu'elle recherchait ?
Traces