5h30 ... Avant qu'il ne réagisse une seconde fois, je mets fin à son accord dissonant et par la même occasion, au plaisir que
j'étais en train de me donner ...
Le corps abandonné à la douce torpeur du réveil, je pose pied à terre et me dirige en titubant vers la salle de bain. Ma nudité fantomatique traverse le couloir sans
éveiller l'attention. Je prends soin au passage de refermer la porte de chaque chambre pour ne pas troubler le sommeil des dormeurs. Ma main s'engouffre dans l'entrebâillement de la seule porte
restée entrouverte et trouve l'interrupteur de la lumière que je bascule tout en fermant les yeux pour ne pas être ébloui. Je pousse la porte et me retrouve plongé au cœur des lueurs aveuglantes
des spots qui m'agressent. Du même doigt pointé avec assurance, je déclenche en sourdine le flot des premières informations de la journée qui se diluent inconsciemment dans la brume de mon
cerveau ...
La vigueur matinale de mon sexe aux aguets effleure l'acrylique du lavabo, tandis que le miroir qui me fait face s'escamote pour m'ouvrir la voie des instruments de torture de ma barbe naissante.
J'attrape en aveugle le rasoir et la bombe de mousse qui vont bientôt me redonner bonne figure. Le mitigeur projette son jet brûlant qui se fracasse au fond de la vasque. C'est alors que jaillit
la mousse onctueuse dans un pschiiit qui se meurt dans le creux de ma paume. L'usage n'est plus au savon à barbe ni au blaireau que j'affectionnais tout particulièrement par le passé, le manque
de temps ayant eu raison de cette pratique . Mais il sert encore, à l'occasion, pour d'autres jeux ...
Ma vision s'affine lentement, encore troublée par un voile de vapeur qui s'élève du lavabo et vient caresser ma peau. Je peux tout de même estimer les contours de mon visage et la surface que je
dois couvrir de mousse suave, en évitant d'obstruer mes narines. Mes doigts répandent la boule de neige crémeuse qui s'étale en une couche uniforme, masquant ainsi l'émeri de ma peau. Je rince ma
main avant de saisir avec assurance le rasoir aux cinq lames qui s'irisent sous les rais acérés de la lumière des spots. Leur tranchant est irréprochable et n'accordera aucune grâce au plus
infime de mes poils rebelles. Le rasoir file le long de ma gorge déployée, laissant derrière lui une trace imberbe au cœur de la mousse qui crépite en silence ...
Le geste est sûr et la technique éprouvée. Il y a une sorte de jubilation à redonner de la douceur à ma peau sous les allées et venues du rasoir. L'eau se trouble, souillée par un amalgame de
mouse assaisonnée de poivre et de sel. Une dernière touche pour faire disparaître l'ultime poil récalcitrant niché à la base du nez et le tour est joué !... J'évacue le bouillon saumâtre
tout en en prenant place sous la douche pour poursuivre mes oeuvres. A ce stade, je ne suis pas vraiment réveillé et c'est à tâtons que j'actionne le mitigeur de la douche qui éclabousse ma peau
par surprise. J'arrose mes pieds le temps que la température devienne agréable, puis chaude, très chaude ...
Je dirige lentement le jet vers le haut de mes cuisses pendant que ma main effleure mon ventre, pour venir enfin envelopper de tous ces doigts la chair tendre de mon intimité. Il n'y a aucune
logique à cela, mais c'est ainsi que je me réveille définitivement, restant un long moment à tripoter mes attributs sous l'eau brûlante de la douche. Je finis par plonger le visage dans le jet
cinglant que je réduis en douce cascade, le temps d'effacer les dernières traces de mon rasage. J'attrape le flacon de gel de douche et le fait gicler à plusieurs reprises sur ma peau, répandant
la suave texture sur toute la surface de mon corps ...
Mes doigts s'aventurent dans les moindres recoins de mon entrejambe, n'évitant aucun des plaisirs que ces simples attouchements pourraient provoquer. Je me cambre lorsque ma main entrouvre mes
fesses pour venir oindre mon petit orifice d'une autre noisette de gel. Une délicate attention qui va bien au-delà de la plus stricte des règles d'hygiène, et pourtant ... Alors que mon majeur
flirte avec ce parfum d'interdit, l'autre main malaxe mes bourses tendres, suspendues au destin de mon phallus bandé à l'extrême ...
Soudain, je remarque sous le lissé de mes caresses quelques pileuses imperfections auxquelles je dois mettre un terme. Je tends le bras pour récupérer le rasoir abandonné sur le bord du lavabo et
j'empoigne mon sexe avec fermeté pour offrir le meilleur angle de coupe aux lames. Mais comment expliquer à mon membre érectile, qu'il ne s'agit pas là d'un nouveau bienfait, dont je veux
l'honorer ? Rien n'y fait et il redouble de vigueur . Les cinq lames réduisent à néant, l'une après l'autre, les quelques poils qui tentaient de s'implanter sur mes bourses. Ce n'est pas le
moment de fléchir et prendre le risque de trancher dans le vif. Mais là encore, le savoir-faire se conjugue au plaisir pour œuvrer à la perfection ...
Je fais rouler entre mes doigts mes testicules redevenus incroyablement doux. Ma main se délecte de cette nouvelle enveloppe satinée que je ne me lasse pas de caresser. Je reviens sous la douche
pour sentir l'eau chaude ruisseler sur ma peau et participer au jeu divin dont j'ordonne les règles. Ma main droite s'infiltre au creux de ma croupe pour reprendre le chemin du désir, tandis que
la gauche s'emploie à raffermir mon érection, comme si c'était utile ...
Je devine sous la pulpe digitale mon œil de velours avide de pénétrations intestines. Je le comble d'un accord majeur et d'une mise à l'index pour qu'il ne souffre pas trop de cette longue
attente. Le désir fait rage et ma main s'affole sur ma queue que je branle avec frénésie. Je dérive contre le carrelage, ne trouvant pas de fuite favorable à la plus subtile de mes folies. Mes
doigts me fouillent et tournoient dans mon antre pour m'arracher la jouissance qui ne va pas tarder à venir. Je pétris mes couilles une dernière fois avant qu'elles n'explosent, initiant
l'instant où je vais sentir le torrent de lave déferler le long de ma colonne. Je me perds dans l'extase prostatique que je m'inflige sans recul ...
Mon sang bouillonne dans mes tempes et les veines qui sillonnent ma hampe palpitante. Mon membre se cabre dans la lutte ultime contre le renoncement. Les épaules collées au mur, mes jambes se
dérobent sous le dernier rempart de mon corps qui s'ébranle. Je crache mon foutre en de longues tirades laiteuses qui se volatilisent dans le jet tourbillonnant de la douche, tandis que mon
ventre se creuse sous la violence des spasmes qui m'étreignent. Le fruit de ma jouissance se fond dans l'oubli au fur et à mesure de la renaissance de mes salves incandescentes. Je sombre dans le
trou noir du bien-être absolu que je noie sous l'eau chaude qui me ramène doucement à la réalité ...
7h00 !!!
Je suis à la bourre ....
Photo : www.differentman.com
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