Jeudi 31 janvier 2008
 

 
 
L’esprit cotonneux je te rejoins dans la cuisine où le café commence à diffuser lentement son parfum d’arabica. Tu le surveilles, attentive, tandis que je me colle à toi pour ne plus mettre de distance entre nous. Cela doit bien faire une minute ou deux que ton corps s’est séparé du mien, mais le manque se fait déjà sentir. Sentir oui … Ton pull de laine que j’effleure du bout de mes petits mamelons qui pointent, tout en plongeant mon nez dans tes boucles en bataille. Je t’enserre tendrement, dissimulant mon envie qui sommeille sous un jean enfilé à la hâte, à demi boutonné. Fermant les yeux, je respire au creux de ta nuque les effluves persistantes de notre nuit blanche. Des images qui s’enchaînent dans le fondu déchaîné de nos souvenirs amnésiques qu’il faudra remettre en ordre, le moment venu.
 
Mais pour le moment je me laisse bercer sur tes épaules, ne désirant rien d’autre que de fondre en baisers sur ta peau. Je sais que mon pouvoir de déconcentration peut te faire oublier n’importe quoi, mais j’ai peine à croire que tu puisses délaisser l’essentiel, ton café !… J’en profite pour me lover entre tes fesses, te coinçant légèrement contre le plan d’un léger travail au corps … Mes mains se parabolent sur tes seins pour en capter les ondes globuleuses. Je les malaxe avec délice au travers des mailles et me délecte de leur tendresse. Cette douce sensation ravive l’ardeur que je vais déployer à t’Aimer, durant toute cette journée …
 
D’un œil je fais le tour du propriétaire. C’est vrai qu’elle est accueillante ta nouvelle cuisine. Autant que ton pull sous lequel je glisse mes mains qui papillonnent sur ta peau, à l’image des lépidoptères qui tapissent les murs. Je remarque que tu n’as pas eu la présence d’esprit d’enfiler quoi que ce soit d’autre pour te protéger de la fraîcheur matinale, et j’apprécie ce voluptueux oubli. Tu repousses discrètement la tasse que tu t’apprêtais à remplir, abandonnant tes lèvres corolles au nectar de mes baisers. Comment ne pas ressentir au milieu de cette flore géante scotchée sur les murs comme ta bouche sur mes lèvres, le désir ardent de butiner ta fleur à l’envi ?… Nos mains empressées se jettent dans la convoitise de nos sexes larmoyants. Mes doigts trouvent aisément les replis soyeux de ton intimité alors que ta main s’énerve sur le dernier bouton de mon jean. Finalement tu arrives à le faire sauter pour saisir avec fermeté ma tige de bambou qui ploie d’allégresse.
 
Nos jeux de peau à l’heure du petit-déjeuner vont mal finir, je le sens. Mes doigts s’infiltrent dans ta fente qui perle d’envie et au moment même où je me décide à en fouiller les combles, tu arraches ma main pour l’obliger à aller jouer ailleurs ! Je vois bien la cambrure que tu commences à prendre en creusant tes reins, ce qui en dit long sur tes intentions. Il y aurait comme un parfum de « Baise-moi ! » dans l’air, qui flatte mes papilles, pendant que tu lustres mon gland du bout du pouce. S’il y a bien une chose contre laquelle je ne puis lutter, c’est bien l’arrogance de ta croupe quand tu me la présentes ainsi, comme pour me défier !
 
Tu tires sur ma queue pour me faire comprendre qu’il serait temps d’agir avant que le café ne refroidisse et je n’ai qu’à donner un léger coup de reins pour te pénétrer bien à fond. Tu lâches un petit râle de contentement lorsque tu sens mes bourses appuyer sur ton petit galet, comme le signal de notre fusion. Je ne peux te remplir davantage, et pour te convaincre que tout y est ou presque, je me retire lentement en laissant les veines de ma hampe creuser tes chairs. L’Aller est souvent une réponse à l’envie, et le Retour un délice insoupçonné, car il fait place à un nouvel élan, tout aussi délectable …
 
Le jean à mi-cuisses, l’élan je t’en donne justement, et cela finit par mettre en branle le plan de travail auquel tu es ancrée. Le choc de mon jeu de culbuto se propage jusqu’à la cafetière qui diffuse ses ondes concentriques à la surface du café. Tu la fixes du coin de l’œil pendant que mon regard se trouble sur le mouvement alternatif de mon piston qui te besogne sans relâche. Le café ne va pas refroidir c’est promis, car à ce rythme là je ne vais plus t’agacer très longtemps. Et pour un petit coup furtif vite fait sur le gaz histoire d’inaugurer ton nouvel aménagement, c’est une première !
 
« Bon sang que tu es bonne ! » me dis-je en remontant ton pull pour pétrir tes seins. Mais c’est la version soft car les mots qui traversent ma pensée ne sont pas à mettre entre toutes les oreilles. Tu réponds à mes assauts avec la même détermination, frappant mon ventre de ton fessier avec cette touche de sauvagerie qui me fait fondre … Justement, j’ai l’impression de fondre comme un sucre dans ta tasse ! Tu vas faire grogner la bête si tu continues ainsi et faire fuir les papillons qui commencent à s’agiter dans ton ventre . Mais je vois bien que tu n’as l’intention de lâcher le morceau si facilement. Je m’accroche à tes hanches, les yeux levés au ciel pour l’ultime bénédiction. J’invoque ce diable que tu peux devenir lorsque ma jouissance ne te suffit plus et que tu viens puiser dans mes dernières ressources, de quoi satisfaire la moindre de tes exigences. De répliques en suppliques, tes muscles vaginaux me laminent et me vident de toute ma substance …
 
Le voile de laine retombe sur nos méfaits, le temps que se dissipent nos derniers spasmes. Les papillons sont toujours là, alors je remonte doucement mon jean pour ne pas les effrayer. Je ne peux m’empêcher de palper à nouveau tes seins pendant que ton souffle tiède caresse la pulpe de mes lèvres. Les battements de mon cœur se dissipent dans le velouté de la laine qui réchauffe ma poitrine, tandis que ma semence s’écoule tièdement le long de ta cuisse. Je le devine dans ton œil mutin qui se met à briller comme un solitaire et pour rompre définitivement le charme qui nous étreint, tu me lances froidement :
 
« Tu prendras bien un peu de confiture sur ta tartine ? »
 
 
 
 
 
 
 
 
Photo : FH dématérialisée par Philo.
 

L'heure tourne !

     

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Le Roman
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