Tant, Tout & Toi

Mercredi 16 avril 2008 3 16 /04 /Avr /2008 16:39





Images volages d'un souvenir bain de soleil sur ta peau nue ...

Je te revois, là, assise près de la fenêtre, savourant tranquillement ta cigarette. Mon regard s'enroule autour des volutes bleutées, tournoyant dans le courant d'air qui agite lentement le voilage entrouvert sur le monde extérieur. J'en profite pour immortaliser la scène, ce jeu d'ombre et de lumière qui habille ton corps et en fait le sujet de toute mon attention. Je pixellise ton sourire grimaçant qui témoigne d'un certain agacement en me voyant ainsi m'immiscer dans ce moment d'intime recueillement avec ta cigarette, et tes songes qui partent en fumée. Je lis déjà dans tes yeux ces heures passées à froisser les draps de notre lit qui ne ressemble plus qu'à un immense champ de bataille. Et au deuxième jour des hostilités, les stigmates du plaisir consommé creusent ton visage sans que le désir de poursuivre notre corps à corps, n'en soit affecté ...

Je te mitraille encore, le temps que ton dernier souffle de nicotine se spirale dans l'atmosphère. Je repose l'appareil photo pour continuer à graver ces mêmes images, mais cette fois-ci dans les profondeurs inaltérables de ma mémoire. Je m'approche de toi et plonge mes mains dans l'amas brûlant de tes boucles en bataille. Tes cheveux sont gorgées de ce soleil qui soudain chauffe ma peau, et je jouis sans retenue de cette sensation de bien-être qui se déploie le long de ma colonne vertébrale. Je sens la pulpe de tes lèvres qui effleure mon ventre avant que ta joue ne vienne se poser en douceur, accompagnée de quelques notes de musique qui ponctuent notre étreinte d'un temps en suspension. Te tournant vers moi, tu plantes délicatement tes doigts dans le modelé de mes fesses, comme pour en estimer la fermeté. J'ai terriblement envie de Toi et je me retrouve déjà dans l'incapacité de dissimuler les prémices d'une vigueur farouche ...

Je viens doucement au contact de tes baisers que tu esquisses sur le velouté de ma prune qui flatte tes papilles de ses effluves ambrées. Tu n'as plus qu'à pointer le bout de la langue pour récolter mes premières perles de nectar et ainsi raviver mon ardeur. Mes doigts éperdus de sensations folles au toucher de ta crinière, je m'abandonne lentement à la magie de tes caresses. Le soleil se diffuse dans les pores de ma peau pendant que ta bouche apporte à mon intimité de subtiles arguments qui ne font qu'accroître sa vigueur. Dans un éclair de lucidité, je remarque soudain des maisons en face et leur fenêtres occultant peut-être des regards indiscrets. Mais rien ne peut plus altérer l'ardeur de ta langue qui dévale le long de mon vit bandé à l'extrême. Il roule sur mon ventre, entraîné par ta joue qui le pétrit comme de la bonne pâte.

Tu dévisages une dernière fois mon sexe sillonné de veines palpitantes, avant d'en gober les fruits avec gourmandise. Tes boucles se lianent à tes doigts qui s'affairent à présent tout autour de ma tige gorgée de sève. Tu joues de tes boucles comme autant de langues assassines pour torturer le bombé de mon gland. Je devine dans tes intentions une volonté sauvage de me pousser au-delà de mes limites. Mais je ne peux pas te laisser prendre l'avantage sur le temps qu'il me reste avant d'atteindre le point de non retour. Je t'arrache à mon sexe barbouillé d'envie, dont tu ronges le frein pour mieux me faire basculer dans l'abîme du renoncement. Je te hisse jusqu'à mes lèvres qui se soudent aux tiennes, et pour éviter toute contestation, je plonge ma langue tout au fond de ta gorge ...

Je calme ta fougue sous mes baisers rassurants afin de reprendre notre étreinte là où nous l'avions laissée, avant que tu ne goûtes au fruit défendu. Je m'imprègne de ton souffle tiède qui balaie mon visage, lorsque je te sens prête à passer de l'autre côté du miroir, où tout ne devient que déraison. Tes seins affirment leur position dominante en pointant leur arrogance contre mon torse, mais je profite une fois encore de tes courbes, pour venir y imbriquer les miennes à la perfection. Cette vision de l'extérieur m'obsède, tout comme le soleil qui réchauffe le creux de tes reins sur lequels je dessine des arabesques du bout des doigts. Tu n'as probablement rien remarqué, trop absorbée par une autre vision, tout aussi obsédante. D'un geste qui se veut fluide, je te fais virevolter sur la pointe des pieds, et avant même que tu te poses de nouveau la question du Pourquoi, je plante mes dents au creux de ton épaule !

 

 

 




Image :  « Smoking Nude », Stephan Hellwig.

 

 

 

 

Par Philo - Publié dans : Tant, Tout & Toi
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