Tant, Tout & Toi

Vendredi 23 mai 2008 5 23 /05 /Mai /2008 15:48





Mes dents gravent sur ta peau les marques furtives et gourmandes de mon ascension le long de ta nuque que tu m'abandonnes en chassant tes boucles d'un revers de tête. Je déguste du bout de la langue les perles salées qui sillonnent mon chemin vers l'extase, m'enivrant du parfum de ta peau encore imprégnée des fragrances de nos joutes nocturnes. Je m'imbrique lentement dans les interstices de ton corps qui se veut le complément parfait du mien. Mon ventre rond se fond au creux de ta cambrure, comblant de ma vigueur le val luisant de ta croupe légère. D'une caresse digitale, je redécouvre en aveugle la courbe de tes hanches, puis le cintre de ta taille autour de laquelle j'ancre délicatement mes mains. Je devine, baigné de lumière, l'arc de volupté que forme ton corps sous la brûlure de mes baisers, et j'aimerais que cet instant fugitif se fige pour l'éternité ...

Le soleil inonde ta peau de son fluide incandescent alors que je te sens onduler doucement contre mon sexe qui se redresse dans la confusion des divines sensations que tu me procures. Tu mets sournoisement à rude épreuve ce qu'il me reste de patience pour ne pas succomber à l'envie de lâcher les brides de cette bouillonnante vigueur que je retiens comme un cheval fou. L'étalon se cabre tandis que tu te cambres, m'exhibant ta croupe avec outrecuidance. Je te ramène à moi en refermant mes mains sur tes seins moelleux qui se balancent au vent de notre étreinte. Je jubile une fois encore de pouvoir en palper les mamelons généreux qui se tendent avec fermeté entre mes doigts. Caresser ta poitrine, c'est déjà prendre une option pour le paradis !

Rien ne saurait remplacer cette jouissance indélébile gravée à jamais dans la profondeur de mes paumes, écrivant ainsi les plus belles lignes de mon destin. Tes brunes airelles roulent entre mes doigts comme de petits galets sur la grève d'un ressenti qui m'entraîne à la dérive. Je me gorge de tes soupirs qui se font de plus en plus haletants, cherchant de mes lèvres une bouche improbable. Le rideau flotte dans le courant d'air qui effleure nos peaux chauffées à blanc, et dans un éclair de lucidité je constate que tu viens de prendre appui sur le rebord de la fenêtre. J'abandonne tes seins avec regret, mais la vision de tes reins qui se creusent comme un appel au meurtre me font vite oublier mon infortune. Je ne peux m'empêcher d'imprimer les sillons fugaces de mes ongles tout le long de ton dos, jetant des étoiles filantes dans ton ciel parsemé de taches de rousseur. Je renverse les dernières barrières qui me mettaient hors d'atteinte de ta beauté sauvage qui se liane à mon esprit comme la pire des obsessions, et je me précipite sans plus attendre dans la voie de la déraison ...

Je saisis l'arrondi de tes hanches, plantant mes pouces dans le galbe tendre de ton fessier. Mon regard plonge dans les méandres de ton intimité qui se dévoile dans l'impudeur du désir violent qui t'anime. Il n'a d'égal que le mien et mon sexe que je brandis dans ton dos, avide de cris rauques et de pénétrations profondes. J'empoigne mon braquemart que je pointe entre tes fesses pour donner l'assaut, sans toutefois chercher à te pourfendre. Je veux juste te donner un avant-goût du velouté de mon gland lorsqu'il flirte avec ta chair. Juste déposer mon nectar au bord de ta corolle, avant de venir féconder ta fleur. Tu t'agenouilles sur le petit meuble qui jouxte la fenêtre et m'imposes ton antre béant de désir que je me dois à présent de combler. Je glisse entre tes lèvres soyeuses qui se dérobent dans un bruissement mielleux et je m'enfonce en toi dans en élan voluptueux qui me donne le frisson ...

Je garde le cap tandis que l'horizon se dégage devant mon regard embrumé, tout en découvrant que tu es passée dans une autre dimension, celle de l'extérieur où tu prends le large ! Comment ne pas déceler notre présence alors que tes seins narguent le voisinage et que ton visage tangue au milieu du roulis de tes boucles folles ?

Mais cette réflexion n'a aucun intérêt car l'heure n'est plus à la logique cartésienne d'un monde à trois dimensions. Il faut y inclure également la nôtre, faite de râles et de coups de reins qui claquent et résonnent au tempo tribal d'une musique universelle. Je contemple mon pieu qui ravine ton antre et te propulse vers les cieux au rythme sans défaillance d'une mécanique bien huilée. Je te sens sur le point d'abdiquer, écartelée entre l'envie de crier le Non de la perpétuité, ou celle d'affirmer le Oui du renoncement ...






                                                      Photo : Yan McLine
 

Par Philo - Publié dans : Tant, Tout & Toi
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