Envies

Mercredi 15 novembre 2006 3 15 /11 /Nov /2006 16:53


Tu m’échappes et virevoltes pour te lover confortablement au fond de tes oreillers. Tout d’abord surpris, je me rends compte très vite que tu ne fais cela que par jeu. Je me relève lentement et commence à ramper vers toi mais un geste de barrage m’indique qu’il faut que je stoppe immédiatement ma progression. Je fige mes mouvements dans la posture d’un chien d’arrêt et tu me lances d’un air mutin : « Ne me touches pas, du moins pas encore… et installe-toi en face de moi… ». Je m’exécute tandis que tu me jettes un oreiller pour que je prenne place comme toi, à l’autre bout du lit. Nos yeux ne se quittent plus pendant de longues secondes et je perçois soudain le prélude d’une caresse de ta main effleurant tes jambes qui s’ouvrent en éventail. Je quitte ton regard mais tu me rappelles immédiatement à l’ordre : « Tu ne dois pas quitter mon visage des yeux… même si moi j’observe ce que tu fais… ». Observer ce que je fais… mais je ne fais rien ?

 

Je lis dans ton regard la naissance d’une autre forme de plaisir. Ton œil incisif accroche le clair de lune et scintille dans l’obscurité. Je devine tes doigts qui sont en train de glisser sur ta peau, du bout des ongles, puis se font plumes pour caresser la blancheur calcaire de tes hanches, le galbe de tes seins de nacre. Ce préliminaire te procure déjà un bien-être intense qui n’est pas encore la source d’une quelconque excitation. Tu reprends juste contact avec ton corps, ravivant au plus profond de ta chair, cette sensualité qui ne cessera jamais de m’émerveiller. Ta bouche s’entrouvre pour laisser filer entre tes lèvres une langue furtive et espiègle qui joue le jeu d’une séduction toute particulière. J’observe tes narines qui se gonflent imperceptiblement à mesure que ta respiration s’accélère. Je sais que tu ne vas pas t’abandonner si facilement, et que la route est encore long vers l’offrande d’un orgasme aux multiples répliques qui te fera oublier ma présence, tout autant que la tienne…

 

Je m’habitue au fait de ne pas pouvoir suivre du regard les arabesques de tes mains qui dansent le long de ton corps de liane. Je perçois pourtant certains détails de tes gestes qui petit à petit se concentrent sur ton bas ventre. Je devine une fois encore que tes doigts, les un après les autres, s’engagent dans l’étroit défilé de ton intimité pour en recueillir les perles de cette envie dont tu détiens à ton tour la réponse. En te voyant porter aux lèvres tes doigts enrobés de nectar que tu lèches avec gourmandise, j’ai la confirmation que ton plaisir n’est plus une notion abstraite. J’ai envie de les suivre reprendre le chemin de ton intimité mais je sais que je ne dois pas bouger ni quitter ton regard de féline. Juste t’observer sucer à nouveau tes doigts couverts de cyprine. Cette expérience insolite ne fait qu’attiser les flammes qui rongent mes sens et je sens bien que rien ne peut plus m’empêcher de dévoiler mon excitation grandissante. Mon sexe se tend et décolle lentement de la surface du drap pour s’envoler vers un épanouissement total. Ton regard capte son envol, un doigt encore plongé dans ta bouche.

 

Sans quitter des yeux l’élévation de ma vigueur, tu me donnes de nouvelles instructions : « Caresse-toi toi lentement mon Ange, juste du bout du doigt… mais tu n’as pas encore le droit de baisser les yeux…». Je pourrais dire que tes désirs sont des ordres mais dans la situation actuelle, tes ordres deviennent d’ardeurs désirs ! J’approche la main de ma verge bandée à l’extrême sans me soustraire à ton regard qui se fond dans le mien. Du bout de l’ongle je commence à effleurer le bombé de mon gland d’où s’écoulent de fines perles d’envie. Je les récolte de la pulpe du majeur pour en oindre toute la surface de ma prune devenue subitement divinement douce. Je contourne lentement le bourrelet de mon dôme et descends le long de ma hampe dont je sens les veines gorgées de vie qui palpitent sous mes doigts. Arrivé à la base de mon membre, je commence à caresser mes bourses tendres et lisses. Je les masse doucement, faisant rouler mes petites olives entre mes doigts. L’envie terrible que tu as de fermer les yeux pour t’adonner au plaisir solitaire semble prendre le pas sur le spectacle que je t’offre en laissant glisser mes doigts humides le long de ma hampe.

 

 

Ton regard se brume et tu fais le noir pour que ton esprit s’illumine de visions dont  toi seule peut avoir accès. Je me décide enfin à désobéir et baisser les yeux sur ton intimité aux prises d’une exaltation des sens. D’une main tu défais l’ourlet de tes lèvres pour en extraire ton petit bouton nacré que je devine sans peine dans la pénombre. De l’autre main, tu commences à tapoter du majeur ton clitoris bandé à l’extrême. Je découvre avec délectation cet attouchement si particulier qui semble déclencher en toi une première déferlante de sensations subtiles. Tu enchaînes sur d’autres caresses tout autant grisantes et c’est à présent entre le pouce et l’index que tu malmènes ton petit bouton. Tu le fais sauter comme un ressort, le pinçant et le faisant rouler à l’envi entre tes doigts. Je n’imaginais pas que tu puisses tirer autant de plaisir de cette pratique aussi… ludique ! Ta main abandonne un instant ton sexe fendu comme une bûche que l’on va jeter dans le brasier de la luxure. Ton ventre se creuse et tu réfrènes un moment le désir d’aller trop vite. Je fixe à nouveau ton visage mais ton regard s’ouvre sur un autre paysage. Tu es passée de l’autre côté du miroir pour un voyage au pays des sens et de la jouissance. Tu te rapproches lentement de moi et je sens ta main qui se pose sur la mienne…

 

« Ferme les yeux ! ». Voilà un ordre que je ne risque pas de contraindre. Mes paupières se referment sur les dernières images du fabuleux ballet de tes doigts tournoyant au cœur de ton intimité. Ceux-ci viennent de s’emparer de mes bourses et s’amusent à faire rouler mes testicules comme je le faisais auparavant. Je n’ai pas cessé de faire coulisser ma main le long de mes veines sinueuses et tes doigts se mêlent aux miens pour une caresse soyeuse d’une infinie douceur. Ton pouce je le suppose, s’arrête sur mon gland et trace des petits cercles imprégnés de ce jus qui s’écoule inlassablement de mon fruit mûr. Je me demande si tu n’en profites pas pour y goûter et parfumer ainsi ton palais, de nos deux rosées.

Voilà que je me laisse emporter par l’ivresse de mes sens troublés par tant de sensations nouvelles. J’ouvre à nouveau les yeux et je constate que le plaisir que tu m’offres d’une main, tu te le concèdes également de l’autre. J’hallucine en voyant tes doigts disparaître en entier au fond de ton antre. Il n’y a que ton pouce qui demeure visible, consumant lentement la mèche qui va bientôt mettre le feu aux poudres…

 

 

  Photo : Sekhmet      

Par Philo - Publié dans : Envies
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